Les Français sont-ils prêts à changer d’idée sur l’usine ?

Les Français sont-ils prêts à changer d’idée sur l’usine ?

Les Français voient l’usine comme un lieu « inclusif » et l’image de l’industrie s’améliore

A l’occasion de la 2e édition de l’Usine Extraordinaire, événement organisé par Industries Méditerranée à Marseille du 14 au 16 novembre, la Fondation Usine Extraordinaire a renouvelé son partenariat avec YouGov autour d’une étude sur le thème « Les Français sont-ils prêts à changer d’idée sur l’usine ? ». Certaines idées reçues persistent, mais la perception des Français envers le secteur et les métiers industriels s’améliore significativement entre 2018 et 2019. Les préjugés associés à l’usine comme la pénibilité, le manque de qualifications et la menace de chômage reculent de manière significative (entre -2 et -5 points en moyenne). Les Français font même preuve d’optimisme et sont plus enclins à considérer le secteur comme « créateur d’emplois » (+3 points sur 1 an). Pour 2 Français sur 3, l’usine est également perçue comme un acteur économique qui participe pleinement au dynamisme territorial. Enfin, plus de la moitié des Français estiment que l’industrie « donne sa chance à tous ». Des résultats positifs qui vont dans le sens d’une usine inclusive et ouverte sur la société et sur le monde, fer de lance de la Fondation Usine Extraordinaire. Reste un défi de taille : attirer les jeunes générations, qui ne sont actuellement que 16% à envisager une carrière dans l’industrie – un chiffre toutefois en progression tendancielle.

Les préjugés sur les métiers de l’industrie sont en recul

Si certaines idées reçues restent majoritairement associées à l’usine, une part croissante de la population française partage une vision de plus en plus en phase avec la réalité sur les métiers de l’industrie.

Ainsi, les préjugés liés à ce secteur comme la pénibilité au travail, la légitimité des femmes ou la crainte que les emplois soient « remplacés par des robots », reculent de manière significative : entre -2 et -5 points en moyenne entre 2018 et 2019. Une tendance qui s’illustre dans un chiffre en particulier : à l’heure actuelle, les Français ne sont plus que 30% à considérer les métiers de l’industrie comme « essentiellement manuels et peu qualifiés ».

Plus globalement, le secteur industriel dans son ensemble jouit d’une image de plus en plus positive. Son impact social et économique est davantage reconnu par les Français, notamment en termes de création d’emplois et de dynamisme territorial.

Moins de délocalisation et de chômage, plus de dynamisme et d’emplois : l’idée que les Français se font de l’usine s’améliore !

Les peurs liées aux délocalisations et à la menace de chômage, que les Français exprimaient en 2018, sont moins présentes aujourd’hui et connaissent même un léger retrait, respectivement de -4 et -3 points.

Au contraire, les Français font preuve d’optimisme et considèrent davantage l’industrie comme un « vecteur de création d’emplois » (+3 points en 2019). L’usine est au cœur de ces représentations : 2 Français sur 3 la voient comme une « source de dynamisme pour les territoires » (chiffre inchangé entre 2018 et 2019).

Cependant, l’industrie doit encore se faire une place auprès des jeunes. En effet, elle est encore trop rarement vécue comme une « vocation » en début de carrière. Alors même que les opportunités y sont nombreuses et que la filière compte des dizaines de milliers de postes non pourvus, seuls 16% des jeunes envisagent de s’orienter vers les métiers de l’industrie. Ce chiffre est toutefois en légère progression (+2 points).

 

Pour Bruno Grandjean, Président de la Fondation Usine Extraordinaire, « Ces résultats montrent une amélioration tendancielle de l’image du secteur et envoient un signal positif, à l’heure où notre pays est confronté par ailleurs à la menace d’un déclassement productif. Nous devons redonner aux Français le désir d’industrie, reconquérir les imaginaires. Cela passe par des événements tels que l’Usine Extraordinaire, l’an dernier au Grand Palais et cette année à Marseille, du 14 au 16 Novembre sur l’esplanade du J4 à côté du Mucem ».

L’industrie vue comme vecteur d’inclusion de toutes les composantes de la société

Au-delà de sa dimension économique, les Français mettent en avant le rôle social et inclusif du secteur de l’industrie en France.

Ainsi, l’idée que « les métiers de l’industrie donnent leur chance à tous » est en progression (+4 points) : 58% des Français estiment, par exemple, que l’industrie accueille toutes les composantes de la société quelle que soit l’origine socioculturelle, y compris les personnes en situation de handicap.

Si l’idée d’une usine plus ouverte progresse, la mixité femmes-hommes reste toutefois un défi.

En 2019, la part des Français qui jugent que l’usine est insuffisamment « tournée vers les femmes » passe sous la barre des 50% et s’établit à 49% (vs 53% en 2018). Malgré les évolutions technologiques, 1 Français sur 2 continue de penser qu’il est « plus compliqué pour une femme que pour un homme d’exercer un métier industriel ».

Pour Christine Baze, Présidente d’Industries Méditerranée, « Nous percevons de nettes améliorations sur tous les items liés aux préjugés de genre. C’est une tendance de fond : l’opinion est en train de basculer. Mais le combat est encore loin d’être gagné. Si l’on regarde les chiffres de près, on s’aperçoit que les femmes elles-mêmes sont plus nombreuses que les hommes à relayer ce type de préjugés ! Cela nous conforte dans l’idée qu’il faut mener des actions de sensibilisation et de promotion, en particulier auprès des jeunes filles. »

De manière générale, les femmes ont une vision de l’industrie moins favorable que les hommes. Ces derniers sont par exemple 1,5 fois plus enclins que les femmes à juger que « l’industrie est un vecteur de croissance » (22% vs. 14%), et significativement plus nombreux à considérer que « les métiers de l’industrie ont du sens et offrent des carrières épanouissantes » (51% vs. 40%).

 

Cette vision genrée et parfois dépassée de l’usine lui porte préjudice car les opportunités y sont nombreuses, tant pour les jeunes que pour les femmes, comme le rappelle Bernard Bigot, Président de l’événement Usine Extraordinaire à Marseille : « Les idées reçues véhiculent l’image d’une industrie essentiellement masculine et réservée aux ingénieur.e.s ; pourtant, la réalité est tout autre. C’est un secteur qui accueille des profils et des compétences variées. L’usine ouvre ses portes aux femmes, aux personnes en reconversion professionnelle, aux jeunes en échec scolaire… chacun peut y trouver un nouveau cadre d’épanouissement et de motivation. Il est essentiel d’inciter les jeunes Français à en prendre conscience ».

Retrouvez le Communiqué de Presse complet ici.

Méthodologie 

Etude Omnibus réalisée en exclusivité pour La Fondation Usine Extraordinaire du 16 au 22 octobre 2019 auprès de 4 074 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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