Résultats du Baromètre YouGov France / Le Huffington Post / I>télé de Mai 2015

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Quatre mois après Charlie, la baisse de popularité continue pour l’exécutif

Alors que la réponse politique des dirigeants français aux attentats de janvier avait semblé convaincre la population, cette faste période sur le plan de la popularité prend fin ce mois-ci, avec des scores d’opinions favorables du couple exécutif qui régressent, pour le 3ème mois consécutif

François Hollande comptabilise en mai 19% d’opinions positives (-1 point par rapport au mois d’avril). Le Président voit sa popularité baisser encore du fait d’une défiance larvée qui s’établit au sein de la frange gauche de l’électorat. Même si sa famille politique (PS, EE-LV) lui fait encore confiance dans sa majorité (56% d’entre eux le jugent favorablement en mai (-1 point)), les sympathisants d’extrême gauche marquent quant à eux leur désapprobation sur l’action présidentielle : il perd encore 2 points ce mois-ci, passant de 24% en avril à 22% en mai.

Manuel Valls, qui comptait 35% d’opinions positives à la suite des attentats de janvier, voit sa cote de popularité baisser drastiquement : depuis février, il a perdu 10 points de popularité, pour s’établir en mai à 25% d’opinions positive. Il perd ainsi 4 points depuis le mois dernier, faisant surtout l’objet d’un désaveu à gauche : 61% des sympathisants PS-EELV lui sont favorables ce mois-ci (moins 6 points). C’est aussi le cas de 22% de l’électorat d’extrême gauche, auprès duquel il perd 7 points. Les partisans de l’UMP, quant à eux, sont plus nombreux à approuver l’action du Premier Ministre ce mois-ci (20%, +5 points).

Après une embellie qui n’aura finalement duré que quelques mois, le couple exécutif retrouve des scores de popularité semblables à ceux de « l’avant Charlie ». Même si le Président parvient à se maintenir à un niveau assez haut par rapport aux scores qu’il a obtenu sur les 12 derniers mois, Manuel Valls retrouve lui son niveau de popularité de décembre 2014.

Au cœur des préoccupations des Français, le chômage et l’emploi culminent toujours en tête (35%, en baisse de 2 points par rapport au mois d’avril). La protection sociale reste en seconde place (14%, +1 point), et l’immigration, troisième et citée par 13% des Français (+2 points), semble inquiéter davantage ce mois-ci.

Le gouvernement et l’opposition peinent à convaincre l’opinion

L’équipe ministérielle ne bénéficie plus, au vue des résultats de ce baromètre de mai, de l’engouement dont il avait été l’objet après les attentats de janvier. Ainsi, 18% des Français portent un jugement favorable à son action en mai (-2 points). Secouée par de nombreuses affaires (pédophilie en milieu scolaire, débat sur la loi de renseignement…etc.), l’équipe gouvernementale ne parvient pas à convaincre l’opinion, surtout la droite de l’électorat. En effet, si 55% des sympathisants socialistes-EELV approuvent toujours son action (-1 point), ce n’est pas le cas des partisans du centre, de l’UMP ou du FN, qui sont respectivement 18% (-12 points), 8% (+3 points) et 4% (ne change pas) à juger favorablement le gouvernement.

De fait, le gouvernement voit son évaluation se dégrader sur les items politiques et sociétaux clefs : s’il gagne un point sur la clarté de sa ligne (29%), il stagne ou régresse sur l’ensemble des autres items. Ainsi, moins d’un tiers des Français (32%) estime que le gouvernement « a de bonnes intentions » (même score qu’en avril), et ils sont moins nombreux à considérer qu’il est « prêt à prendre des décisions impopulaires si elles sont bonnes pour le pays » (31%, -3 points). Moins d’un Français sur cinq s’accorde en avril sur le fait que le gouvernement « va de l'avant, et propose des mesures modernes » (19%, -1 point), qu’il « prône une société dans laquelle [ils] souhaite[nt] vivre » (18%, même score qu’en avril) ou qu’il « protège les intérêts des personnes comme moi » (15%, ne change pas).

Parallèlement, le parti de Nicolas Sarkozy ne fait guère mieux : même s’il a bénéficié le mois dernier d’un regain de confiance suite à sa victoire aux départementales, il régresse sur l’ensemble des items politiques et sociétaux évalués. Réalisant habituellement des scores supérieurs au gouvernement sur ces items, il est ce mois-ci moins bon que ce dernier sur la clarté de la ligne politique (27%, - 3 points), et sur sa capacité à s’adresser à tous les citoyens : 26% des Français s’accordent avec le fait que « L’UMP s'adresse à toute la population, pas seulement à ses électeurs » (-3 points), contre 29% pour le gouvernement (dont le score ne change pas).

Validité des écoutes : selon les Français, Nicolas Sarkozy ne devrait pas briguer de mandat si sa mise en examen est confirmée

Interrogés quelques jours avant que la cour d'appel de Paris ne statue sur la validité des écoutes dans le dossier qui voit Nicolas Sarkozy mis en examen pour corruption et trafic d'influence, les Français ne semblent pas soutenir, dans leur majorité, l’ancien occupant de l’Elysée.

En effet, lorsque l’on demande à la population si l’actuel Président de l’UMP devrait se présenter ou non aux élections primaires de l’UMP ou aux futures présidentielles dans le cas où sa mise en examen serait confirmée par la justice, une grande majorité répond par la négative. Ainsi, 67% des Français estiment qu’il « devrait renoncer à se présenter à la primaire organisée par l'UMP », et 69% pensent qu’il « devrait renoncer à se présenter à l'élection présidentielle de 2017 ». De plus, deux tiers des Français (66%) déclarent que l’ancien Président de la République devrait également démissionner de son poste de Président de l’UMP s’il était confondu sur cette affaire.

Ici, les Français semblent soucieux de voir l’homme politique retrouver son statut de citoyen (et donc celui de justiciable) ordinaire : plus de 4 Français sur 5 (82%) estiment que l’ancien Président est un « justiciable comme les autres et il est normal qu’il réponde de ses actes devant la justice », contre 6% seulement qui considèrent à l’inverse que « Nicolas Sarkozy devrait bénéficier du principe d’immunité » dans cette affaire. Ainsi, 58% des Français invalident l’hypothèse qui soutiendrait que « Nicolas Sarkozy est victime d’un acharnement judiciaire », (contre 28% qui s’accordent sur cette dernière).

En somme, on note une certaine méfiance des Français quant au traitement que la justice réserve généralement aux membres de la classe politique : 67% d’entre eux estiment que, dans notre pays, « les responsables politiques bénéficient d’une certaine immunité lorsqu’il s’agit de répondre de leurs actes devant la justice ». Un sentiment partagé par plus de 7 électeurs sur 10, quelle que soit leur proximité partisane, excepté du côté de l’UMP, où seulement 58% des sympathisants se disent d’accord avec cette affirmation. 

Les résultats détaillés du Baromètre ici

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