Résultats du Baromètre YouGov France / Le Huffington Post / I>télé d'avril 2015

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Dans un contexte électoral compliqué pour la gauche, la baisse de popularité de l’exécutif se confirme en avril

Alors que le scrutin départemental de dimanche fait figure de sérieux avertissement pour la gauche (qui accuse une défaite notable en perdant près de 500 conseillers généraux), les Français sanctionnent également leurs dirigeants François Hollande et Manuel Valls, dont la popularité diminue encore ce mois-ci.

François Hollande compte en avril 20% d’opinions positives (-1 point par rapport au mois de mars). Le Président voit sa popularité fondre doucement du fait d’une défiance plus marquée dans la frange gauche de l’électorat. Sa propre famille politique (PS, EE-LV) lui témoigne moins de confiance : 57% d’entre eux le jugent favorablement en avril (-2 points), tout comme les sympathisants d’extrême gauche, qui étaient jusqu’ici assez cléments avec le Président. Il passe ainsi de 29% de popularité en mars, à 24% en avril dans cette frange de l’opinion (-5 points).

Manuel Valls connaît, comme le mois dernier, une baisse de popularité plus importante que celle du Président : 29% d’opinions favorables, -3 points par rapport à mars. Dans cette même logique, la part de Français ayant une opinion négative du Premier Ministre augmente, passant de 60% à 62%  de la population en avril. On note un désaveu plus marqué à droite, chez les électeurs FN (9% d’opinions positives, -9 points), et UMP notamment (15% d’opinions positives, -10 points). Néanmoins, et ce contrairement au Président, Manuel Valls augmente légèrement sa popularité à gauche : 67% d’opinions positives chez les sympathisants PS (+2 points) et 29% chez les partisans d’extrême gauche (+1 point).

Malgré une popularité tendant à la baisse ce mois-ci, le couple exécutif parvient à se maintenir relativement haut dans l’opinion, en tout cas à des niveaux supérieurs que ceux connus depuis août 2014.

Au cœur des préoccupations des Français, on retrouve en avril le chômage et l’emploi (37%, même score qu’en mars), qui occupe invariablement à la première place ce classement. La protection sociale est en seconde place (13%, ne change pas), et l’immigration, qui régresse un peu ce mois-ci (11%, -1 point) clôture ce trio des sujets d’inquiétude principaux des Français.

A l’image de la défaite de la majorité aux départementales, le gouvernement fait face à la défiance des Français quand l’opposition bénéficie d’un appui plus marqué de l’opinion

L’équipe ministérielle, qui avait aussi capitalisé une certaine popularité dans l’opinion au cours des derniers mois (22% d’opinions favorables en mars, +7 points par rapport au mois de janvier), ne parvient pas à se maintenir et perd 2 points d’opinions favorables (20%). Les sympathisants socialistes sont moins nombreux à approuver son action (56% d’opinions favorables, -5 points), comme l’extrême gauche de l’électorat (18% d’opinions favorables à l’extrême gauche, -8 points). La guerre qu’a mené le chef du gouvernement contre le Front National en cette période électorale n’a donc pas suffit à convaincre les électeurs de gauche du bien-fondé des actions gouvernementales, dont la ligne économique et les résultats peinent à convaincre les Français.

La défiance de l’opinion envers le gouvernement se traduit plus concrètement dans l’évaluation de l’équipe ministérielle sur les items politiques et sociétaux clefs, qui est logiquement plus négative ce mois-ci : environ un tiers des Français (32%) estime que le gouvernement « a de bonnes intentions » (-4 points par rapport à mars), et ils sont également moins nombreux à considérer qu’il est « prêt à prendre des décisions impopulaires si elles sont bonnes pour le pays » (34%, -2 points). Moins d’un Français sur cinq s’accorde en avril sur le fait que le gouvernement « va de l'avant, et propose des mesures modernes » (20%, -3 points), et qu’il « prône une société dans laquelle [ils] souhaite[nt] vivre » (18%, -3 points).

Parallèlement, les scores de l’opposition sur ces mêmes items politiques et sociétaux sont en augmentation, en accord avec la victoire de l’UMP aux dernières élections départementales de dimanche dernier. En effet, 37% des Français considèrent que l’UMP est « prête à prendre des décisions impopulaires si elles sont bonnes pour le pays » (+1 point), et 34% estime que le parti « a de bonnes intentions » (+2 points). Près d’un Français sur trois salue la clarté de la ligne du parti de Nicolas Sarkozy (30%, +3 points), et considère que l’UMP est « composée de personnes compétentes » (33%, +3 points).

Les urnes désavouent la gauche, l’opinion épingle les institutions

Interrogés juste avant le second tour des élections départementales (qui a eu lieu dimanche 29 mars) sur leurs instances politiques, les Français expriment une volonté de changement et dressent un sombre constat des institutions actuelles : en effet, près de 7 Français sur 10 (69%) considèrent que « le système parlementaire français (Assemblée Nationale, Sénat) devrait être réformé car il ne garantit pas la représentation nationale ». Ils sont également nombreux (64%) à pointer le fait que « les rôles de Président de la République et de 1er Ministre ne sont plus adaptés à une gouvernance efficace du pays et doivent être redéfinis ».

Dans ce sens, et pour imposer davantage de représentation nationale, près de 6 Français sur 10 (58%) souhaitent voir appliquer aux élections législatives le scrutin proportionnel intégral (attribuant à chaque parti politique un nombre de sièges proportionnel au total des suffrages qu'il a obtenu), ce qui pourrait donner lieu à l’instauration du tripartisme en France, le Front National s’imposant suite à ces départementales comme un acteur politique majeur face au PS et à l’UMP.

Enfin, si les résultats des élections soulignent très clairement une défaite de la gauche, les électeurs ne sont pas pour autant unanimes sur l’idée d’un changement de Premier Ministre (42% des Français s’y disent favorables), ou d’une dissolution de l’Assemblée Nationale (souhaitée par 39% de l’opinion). En revanche, un remaniement ministériel, dont Manuel Valls a évoqué la possibilité juste après les résultats des élections, recueillerait, lui, l’adhésion d’une majorité de la population (51%).

Les résultats détaillés du Baromètre ici

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