Baromètre politique YouGov / HuffPost Avril 2014

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Après des municipales perdues par la gauche, François Hollande chute à 13% d’opinions positives (-3 points depuis mars)

Alors que François Hollande paye directement la défaite de la gauche aux municipales et ne tire aucun bénéfice de la nomination d’un nouveau premier ministre et de son « gouvernement de combat », l’arrivée de Manuel Valls au poste de Premier Ministre change la donne quant à la popularité du chef du gouvernement.

Le président augmente encore son score d’opinions défavorable (80%, +2 points depuis mars), et n’est plus qu’à 13% d’opinion positive au sein de l’opinion.

En revanche, alors que Jean-Marc Ayrault stagnait à 14% d’opinions favorables en mars, le jugement porté sur l’action du nouveau Premier Ministre est plus encourageant puisque Manuel Valls atteint 29% d’opinions favorables. A noter que dans ce contexte de prise de fonction, plus d’ 1 / 4 des Français choisit d’attendre avant de se prononcer positivement ou négativement sur l’action du nouveau Premier Ministre (28% ne se prononce pas, contre 10% le mois dernier, avec Jean-Marc Ayrault comme Premier Ministre).

Même si l’état de grâce n’est clairement pas atteint pour l’ancien Ministre de l’Intérieur, on remarque que celui-ci fédère à droite bien plus que son prédécesseur. Alors que Jean-Marc Ayrault n’avait le soutien que de 12% des centristes, 6% des sympathisants UMP et 2% des frontistes, Manuel Valls est beaucoup plus populaire dans ces franges de l’opinion  (respectivement 41% UDI ,  24% UMP, ainsi que 13% des frontistes).

A gauche aussi, on veut aussi croire au renouveau : par rapport à l’ancien Premier Ministre, Manuel Valls engrange + 12 points d’opinions favorables chez les sympathisants d’extrême gauche, et progresse de 19 points chez les socialistes et écologistes.

Pas d’indulgence pour le nouveau gouvernement

Quant au nouveau gouvernement, il ne bénéficie de quasiment aucune indulgence de la part des Français, stagnant à 15% d’opinions favorables. Il perd néanmoins 4 points d’opinions défavorables et en gagne 6 parmi les indécis, qui sont près de 10% à attendre avant de se prononcer sur cette équipe gouvernementale.

Il est toutefois logique qu’une cote de popularité, si elle peut être extrêmement dépendante de l’actualité lorsqu’elle concerne des personnalités politiques, soit beaucoup moins changeante sur l’appréciation d’un ensemble aussi abstrait qu’une équipe gouvernementale. En effet, les Français voient rarement leur gouvernement agir et s’exprimer de concert, et l’équipe est bien souvent éclipsée par la place médiatique faite aux personnalités qui le composent.

C’est justement le seul changement notable qui concerne le gouvernement dans ce baromètre d’avril, et l’unique « crédit » qui lui est accordé par les Français : celui d’être composé de personnes compétentes. Près d’un quart (23%) des Français se disent d’accord avec cette affirmation (représentant 4 points de plus qu’en mars dernier) et la proportion de personnes en désaccord diminue elle de 7 points, en passant de 75% à 68%. Une tendance qui peut être imputable à l’entrée des compagnons de la première heure de François Hollande dans les rangs gouvernementaux, Ségolène Royal et François Rebsamen. Une entrée remarquée par les Français, mais qui ne suffit pas à redorer l’image de l’équipe exécutive.

Preuve en est, si Manuel Valls et son gouvernement ont obtenu le vote de confiance des parlementaires le 8 avril dernier, ça n’aurait pas été le cas si l’on avait fait voter les Français : seuls 30% leur auraient accordé leur confiance, contre 42% qui auraient voté contre, et plus d’un quart (27%) qui ne se seraient pas prononcés.

Les Français fatalistes sur la future action gouvernementale

Quant aux espoirs placés par les Français dans cette nouvelle équipe, ils sont minces. Moins d’un Français sur cinq (18%) pense le nouveau gouvernement davantage capable d’inverser la courbe du chômage que celui dirigé par Jean-Marc Ayrault (40% d’accord chez les sympathisant PS EE-LV, 23% des centristes et 12% des sympathisants UMP). Enfin, Près des deux tiers (65%) n’estiment pas qu’une baisse des impôts soit possible avec une nouvelle action gouvernementale.

Les Français montrent également un certain fatalisme sur la capacité des dirigeants du parti écologiste à influer sur la politique environnementale de la France. Ainsi, 39% estiment que leur absence au sein du gouvernement n’aura aucun impact sur la politique écologique de la France, quand seulement un Français sur cinq (20%) anticipe que ce manque se répercutera négativement sur la qualité de la politique écologique du pays.

En somme, qu’importe la couleur et les convictions politiques des membres du gouvernement aux yeux des Français, qui condamnent toute entière l’institution politique et gouvernementale, perçue comme incapable d’initier aucun changement bénéfique.

Les résultats détaillés du Baromètre ici

Consultez aussi le palmarès des personnalités


Crédit GETTY : Pascal Le Segretain

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