65% des Français jugent que le gouvernement n'est pas clair

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Cet article a été écrit par Geoffroy Clavel et publié dans Le Huffington Post

BAROMETRE YOUGOV - LE HUFFINGTON POST - "Quand c'est flou, il y a un loup". Martine Aubry avait étrillé en ces termes le programme de François Hollande quand tous deux s'affrontaient lors des primaires citoyennes. A quelques heures de la grande conférence de presse du président de la République, censée faire le point surles six premiers mois du quinquennat, les Français lui adressent le même message: 65% d'entre eux estiment que le gouvernement n'a pas une ligne politique claire et constante.

Tel est l'un des enseignements de cette première édition du baromètre YouGov -Le Huffington Post. Cette étude mensuelle, réalisée sur la base des réponses d'un échantillon de 1027 Français interrogés sur Internet suivant la méthode des quotas, vous propose à partir d'aujourd'hui de suivre les questionnements, les certitudes mais aussi les doutes de l'opinion publique au moment où la crise économique bouscule notre modèle social et rebat les cartes des clivages idéologiques.

Sa spécificité? En plus d'étudier de près la crédibilité du couple exécutif et de l'opposition -à l'instar des autres études diffusées en France- notre partenaire YouGov a mis au point un nouveau palmarès des personnalités, fondé à la fois sur leur notoriété et leur popularité. Via un système de notation inédit, les Français sont invités à juger uniquement les personnalités qu'ils connaissent, en bien comme en mal. Et peuvent donc ne pas donner d'avis sur certains hommes (et femmes) politiques. Bien souvent, un non-choix est aussi révélateur qu'un choix, si ce n'est plus...

» Retrouvez l'intégralité des résultats du baromètre

Une méthode originale qui nous permettra à l'avenir de distinguer les buzz positifs des polémiques négatives et de déterminer quelles sont les personnalités politiques qui montent et celles qui peinent à percer le voile de l'anonymat.

Les prochaines vagues d'études nous en diront plus sur les évolutions des états d'âme de l'opinion. En attendant, alors que François Hollande amorce un tournant déterminant pour la suite du quinquennat, voici notre point de départ.

Son premier ministre n'est guère mieux loti. Avec 27% d'opinions favorables, Jean-Marc Ayrault n'est plébiscité que chez les électeurs du PS et d'EELV et passe sous la barre des 50% chez les communistes.

HOLLANDE ET AYRAULT AU POINT ZÉRO

Le constat du baromètre YouGov-Le Huffington Post est sans appel: la cote de confiance du couple exécutif est aujourd'hui réduite au socle électoral du premier tour de l'élection présidentielle d'avril 2012. Avec 30% d'opinions favorables, l'action de François Hollande ne récolte l'approbation que de l'électorat de la majorité socialiste et écologiste. Signe que le président de la République se retrouve acculé sur le noyau dur de son électorat, celui-ci atteint à peine la moyenne des voix des électeurs de la gauche de la gauche et obtient un zéro quasi pointé de la part des sympathisants de l'UMP.

UN PROBLÈME DE LISIBILITÉ ET DE COMPÉTENCE

Logiquement, la cote du gouvernement s'inscrit dans ce contexte de défiance. Seuls 29% des sondés portent un jugement favorable sur son action. Un désaveu qui s'explique par une carence de lisibilité de l'action de la majorité, aujourd'hui incomprise par l'opinion.

A en croire l'échantillon des Français interrogés par YouGov, l'exécutif souffre avant tout d'un problème de crédibilité politique: seuls 33% des sondés jugent le gouvernement "compétent" contre 41% pour l'opposition UMP. L'inexpérience de nombreux ministres, la complexité de la crise, la technicité des réformes mais aussi "la série de ‘couacs’ réels ou perçus ont affecté l'image du gouvernement", analyse pourLe Huffington Post Suzanne Ter-Minassian, chargée d'études à YouGov.

Ce qui rejaillit sur la lisibilité de la ligne politique aujourd'hui mise en oeuvre: 65% des Français interrogés estiment aujourd'hui que le gouvernement n'a pas une ligne claire et constante. Plus inquiétant pour François Hollande, 44% des sympathisants socialistes et écolos partagent ce point de vue. Dans le même temps, 65% des personnes interrogées estiment que l'exécutif ne propose pas de mesures modernes.

Un sentiment d'incompréhension que le débat sur la compétitivité et l'avalanche de mesures qui en ont découlé n'ont pas contribué à éteindre. "L'étude de terrain a été entamée au lendemain de la remise du rapport Gallois, ce qui peut affecter cette perception", nuance Suzanne Ter-Minassian. François Hollande aura quelques heures ce mardi 13 novembre pour expliquer et surtout éclaircir sa démarche en conférence de presse.

VALLS ET SARKOZY PLÉBISCITÉS... POUR DES RAISONS DIFFÉRENTES

La défiance des Français à l'égard de la crédibilité de l'exécutif se ressent évidemment dans notre palmarès des personnalités. Inconnus du grand public, défaut de lisibilité de leur action, la plupart des membres du gouvernement se retrouvent aujourd'hui dans le ventre mou du palmarès. Seul le ministre Manuel Valls tire son épingle du jeu en cumulant une notoriété nationale très importante ainsi qu'un taux d'appréciation très élevé dans l'électorat centriste.

Interrogés sur les personnalités qu'ils apprécient ou pas, un nombre important des personnes citent spontanément Manuel Valls, dont la ligne "autoritaire de gauche" fédère un socle partisan élargi. Surprise, celui-ci obtient un score presque aussi important chez les électeurs de François Bayrou et Jean-Louis Borloo (36 pts) que chez les sympathisants socialistes et écolos (41 pts).

Pas question pour autant de le placer sur le même plan que Nicolas Sarkozy, comme se plaisent à le faire les détracteurs du ministre de l'Intérieur. L'ancien président de la République se classe en effet en tête des personnalités récoltant une opinion positive, juste devant Manuel Valls. Mais l'ancien maire de Neuilly figure également dans le top 3 des personnalités politiques les moins appréciées par notre panel. Seuls Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine enregistrent des scores aussi négatifs.

La preuve que, six mois après sa défaite, Nicolas Sarkozy n'a toujours pas retrouvé la popularité transpartisane dont bénéficient les autres autres retraités de ce palmarès, comme Jacques Chirac, Lionel Jospin ou Alain Juppé.



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